Un nouvel élan « Jules Ferry » pour l’école

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Un nouvel élan « Jules Ferry » pour l’école

Message  Sympatic le Sam 7 Avr - 11:09

Des trois mots qui forment la devise de la République, celui de fraternité est très peu utilisé. Nous l’avons remplacé par la solidarité. Nous lui avons fait perdre, c’est un peu dommage, ce supplément d’âme qui résulte du beau mot de « fraternel ». Au-delà de la sémantique, ce qui compte, c’est que la solidarité fait partie du coeur de notre pacte social et donc de notre identité.

Je suis hostile à l’assistanat, pas seulement parce que l’assistanat dévalorise le travail en permettant à ceux qui vivent de l’assistance d’avoir de meilleures conditions de vie que ceux qui travaillent. Je suis contre l’assistanat parce qu’il maintient dans la dépendance. C’est le contraire de la solidarité. Le but de toute politique sociale, c’est de permettre l’accès ou le retour à l’autonomie de ceux qui sont en difficulté, pas l’enfermement dans l’assistance.

Pendant des générations, l’école a été le pivot de cet idéal républicain. Elle apprenait à tous les enfants, quelle que soit leur condition sociale, à lire, écrire, compter, pour leur permettre d’être autonomes. A ceux qui en avaient les facultés, elle permettait d’accéder au secondaire, puis à l’université et aux grandes écoles. Elle donnait à tous les enfants une chance égale de s’élever socialement. C’était aussi une manière de renforcer notre pays, en augmentant le niveau des connaissances. Pas une richesse humaine ne devait être perdue.

Tout cela ne s’est pas fait par hasard. Il a fallu beaucoup de volontarisme, comme en témoignent les mots de Jules Ferry qui a inventé le modèle républicain de l’école : « Entre toutes les nécessités du temps présent, entre tous les problèmes, j’en choisirai un auquel je consacrerai tout ce que j’ai d’intelligence, tout ce que j’ai d’âme, de coeur, de puissance physique et morale, c’est le problème de l’éducation du peuple ».

Aujourd’hui, nous avons du mal à tenir la promesse de Jules Ferry. Il est injuste d’avoir sur l’école des jugements à l’emporte-pièce. Il y a des millions d’enfants qui suivent un parcours scolaire normal et efficace. Ce qui compte est d’identifier les raisons pour lesquelles, à certains moments, certains enfants décrochent, alors que ce n’était pas le cas autrefois.

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Re: Un nouvel élan « Jules Ferry » pour l’école

Message  Sympatic le Sam 7 Avr - 11:11

Depuis 2007, nous avons consacré des milliards d’euros à l’université. Elle en avait besoin. Si j’avais la conviction que l’école a également besoin de moyens supplémentaires, je les lui procurerais, car aucun investissement n’est plus important à mes yeux pour l’avenir d’un pays que l’investissement dans l’éducation. Mais le problème de l’école en France ne relève ni des moyens, ni des effectifs. On peut recruter 60 000 enseignants supplémentaires, on n’aura pas résolu le problème. Entre 1990 et 2007, le nombre d’élèves a baissé de 600 000 et le nombre d’enseignants a augmenté de 85 000, mais les performances de l’école ne se sont pas améliorées et surtout le moral des enseignants est resté morose. Le problème est structurel : les enfants ont beaucoup changé, les familles sont plus hétérogènes, mais l’école n’a pas vraiment changé.

Environ 100 000 enfants sortent chaque année de l’école primaire sans maîtriser réellement les savoirs fondamentaux que sont la lecture, l’écriture et le calcul. Ce que l’école de Jules Ferry faisait dans tous les villages de France, nous ne savons plus le faire. Ce sont eux qui forment l’essentiel de la cohorte de ceux qui ensuite redoublent, sortent du système scolaire sans qualification et sans diplôme, auront d’immenses difficultés à trouver un emploi, vivront des aides sociales ou basculent dans la délinquance. Ce qui n’est pas acceptable, c’est que ces enfants, nous les connaissons pour la plupart dès la fin de la maternelle. Leur difficulté à se concentrer, leur hyperactivité, leurs lacunes de vocabulaire essentiel pour apprendre à lire, leurs problèmes de santé ou de vue, le fait que l’on ne voit jamais leurs parents, tous ces signes permettent aux instituteurs de prédire que ces enfants vont avoir de grandes difficultés.

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Re: Un nouvel élan « Jules Ferry » pour l’école

Message  Sympatic le Sam 7 Avr - 11:12

Avec 2 000 euros par enfant, on pourrait pourtant résoudre la plupart de leurs problèmes et transformer l’avenir de ces enfants : dès que l’enseignant, en dernière année de maternelle ou au CP, aurait donné le signal, le chef d’établissement enclencherait avec le maire, la communauté éducative, les nombreuses associations compétentes, un suivi particulier de l’enfant en lien avec sa famille. Ce suivi comprendrait si besoin l’aide spécifique de professionnels, du secteur de la santé notamment. Cet investissement, nous le retrouverons plus tard au centuple. L’acquisition des savoirs fondamentaux par tous les élèves sans exception a été la grande oeuvre de Jules Ferry : il faut que nous retrouvions la même ambition.

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filières de l’enseignement professionnel

Message  Sympatic le Sam 7 Avr - 11:13

Les filières de l’enseignement professionnel doivent donner accès à l’emploi.


Les jeunes qui sortent diplômés de l’enseignement supérieur trouvent en général un emploi dans les mois qui suivent la fin de leurs études, même si le délai peut varier selon les aléas de la conjoncture. C’est moins souvent le cas pour les jeunes qui sortent de l’enseignement professionnel. Or, sans travail, pas d’émancipation, pas de logement, pas de possibilité de fonder une famille. L’idéal républicain exige que toutes les filières de l’enseignement permettent aux jeunes de démarrer dans l’existence. Les filières professionnelles seront attractives lorsqu’elles donneront accès à l’emploi.

Pour cela, il faut que la formation en alternance soit systématique en dernière année de baccalauréat professionnel et de CAP. Prenons exemple sur notre filière hôtelière, qui n’a jamais abandonné le principe de la formation en alternance : ses diplômés sont demandés dans le monde entier. L’alternance a deux avantages : elle donne aux élèves un premier réseau de contacts dans le monde professionnel, ce qui est très utile pour la suite ; elle leur donne également une première expérience, ce qui permet de compenser le caractère élevé du coût du travail des jeunes pour l’entreprise rapporté à leur inexpérience.

Les entreprises auront pour leur part l’obligation d’accueillir plus de jeunes en alternance, y compris le secteur tertiaire comme les banques et les assurances, et nos trois fonctions publiques devront également s’ouvrir à l’alternance. La fonction publique exerce des centaines de métiers à l’apprentissage desquels elle peut contribuer. Elle a aussi des valeurs à transmettre.

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plus de considération pour les enseignants

Message  Sympatic le Sam 7 Avr - 13:44

La société doit manifester plus de considération pour les enseignants



Je suis très frappé par un phénomène : si vous demandez à des enfants combien d’entre eux voudraient faire le métier du professeur, il n’y en a quasiment plus un seul qui lève le doigt. Comment peut-on espérer redonner confiance aux enseignants, et aux élèves le goût de l’effort, du travail, des études, si on laisse à ce point se dévaloriser la fonction enseignante dans notre société ?

Dans le contexte de nos finances publiques, nous ne pouvons à la fois recruter plus de professeurs et augmenter leur rémunération. J’assume donc très clairement mon choix : il faut proposer à ceux qui le souhaitent d’être présents plus longtemps dans les établissements, d’y avoir un bureau, et les rémunérer davantage. Ces heures de présence supplémentaires leur permettraient d’entreprendre plus de projets en commun avec les autres enseignants, de rencontrer plus facilement et plus souvent les parents, et surtout de suivre individuellement les élèves.

La société doit manifester plus de considération pour ses enseignants. C’est pour cette raison que leur autorité doit être confortée. C’est pour cette raison également que les violences commises à l’encontre des professeurs, quelles qu’elles soient, doivent être très sévèrement sanctionnées.


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